Interviews croisées : « Des repreneurs bien conseillés »

Associé à deux autres salariés, Michel Herter a repris l’entreprise du gérant précédent avec le soutien indéfectible de Fabienne Barrault, conseillère CMA dans le sud-est de l’Alsace.

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Michel Herter
Gérant établissement KRAFT
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Fabienne Barrault
Conseillère CMA dans le
sud-est de l’Alsace

 

Pourquoi avez-vous décidé de reprendre la société Kraft, une SARL dont vous étiez salarié ?

Michel Herter : Au départ, Jean-Jacques Kraft, le gérant de cette entreprise familiale spécialisée dans les travaux d’installations sanitaires, de chauffage central, de ferblanterie, de serrurerie, de ferronnerie et de couverture nous avait annoncé, il y a plusieurs années déjà, sa volonté de prendre sa retraite. Se posait alors la question de la transmission de sa société et de son avenir. Plusieurs solutions se présentaient à lui : céder l’entreprise à un investisseur extérieur ou à ses salariés. La première ne nous convenait pas car la seule motivation des repreneurs potentiels était de faire de l’argent. La nôtre était simplement que chacun d’entre nous puisse continuer à toucher son salaire et l’entreprise à investir.

Fabienne Barrault : A la CMA, nous connaissions bien M.. Kraft depuis 2010. Nous savions qu’il était très attentif à la survie de son entreprise et très attaché à ses salariés. C’est pourquoi l’option d’une reprise par ces derniers était envisageable. Malheureusement le prix évalué  par son expert-comptable, bien que juste, était trop élevé pour eux. Nous avons aussi étudié l’idée de créer une Scop, sauf que finalement seuls trois d’entre eux étaient moteurs : Michel Herter, Francis Rueff et Carine Mougel. Cette dernière était très familière de la CMA puisque, pendant deux ans à raison d’une séance hebdomadaire, elle y avait suivi une formation intitulée ADEA (Assistant(e) de dirigeant(e) d’entreprise artisanale). Elle avait donc su faire appel aux différentes ressources offertes par notre réseau.

 

Comment êtes-vous ensuite tombé d’accord avec le cédant ?

M.H : En définitive, celui-ci a accepté de nous vendre le fonds de commerce sans le passif, en particulier le stock et les équipements dont nous n’avions plus besoin car nous voulions recentrer notre activité sur deux de nos spécialités : le chauffage sanitaire et la couverture zinguerie. Avec l’aide de la CMA, nous avons obtenu des prêts de la banque avec laquelle l’entreprise travaillait déjà et créé une nouvelle SARL dont les actionnaires sont les trois salariés dont parlait Fabienne dont deux possèdent chacun 40 % du capital.

F.B. : Ils ont suivi le stage de gestion organisé par la CMA cela leur a permis d’approfondir la préparation de leur projet, nous les avons aidés à étudier les différentes solutions possibles et choisir la mieux adaptée à la situation. Depuis la création de la nouvelle SARL, nous continuons régulièrement à les conseiller, en particulier depuis que la CMA Alsace a développé son service d’accompagnement à la transmission d’entreprise en spécialisant deux conseillers sur le sujet.

 

Deux ans après la reprise où en êtes-vous ?

M.H. : D’abord, je dois dire que les sept salariés de la précédente société le sont toujours dans la nouvelle. Ensuite que, avec un chiffre d’affaires de 750 000 euros, nous sommes bénéficiaires.

F.B. : J’ajoute que, pour notre part, nous envisageons la possibilité de soumettre la candidature de l’entreprise à divers concours. Je pense, notamment, à celui consacré aux entreprises en croissance ou au trophée Madame Artisanat Alsace.